la gare routière pour Antsirabe
Nos aventures en taxi-brousse 2
Pour notre deuxième week-end hors de Tana, nous avons jeté notre dévolu sur Antsirabe.
Située à 169km de la capitale (soit 4 heures de taxi-brousse) cette ville est réputée pour ses thermes, sa cotonnerie, ses pierres précieuses, ses lacs, ses pousse-pousse, sa brasserie d'où est originaire la fameuse THB (c'est la bière locale).. et aussi pour son climat: il paraîtrait que c'est là que les températures sont les plus basses! Ca n'a pas empêché Mo de nous faire une petite insolation...
Antsirabe est une petite ville très agréable: là, pas d'embouteillages, des rues sont larges et bien dégagées (on n'a pas l'impression constante d'être dans une mêlée de rugby), des gens plus "mora-mora" que jamais. Bref, le profil type de la petite station balnéaire (la mer en moins).Le rêve pour un week-end.
Fortes de notre première expérience en taxi-brousse pour nous rendre à Antsirabe, nous nous sommes dit que cette fois-ci, ca allait être "du gateau". Le fait qu'on ne puisse pas réserver de billets aurait pourtant dû nous mettre la puce à l'oreille. Mais non. Donc cette fois-ci, on a décidé de ne pas se lever à l'aube. On a fait la grass'mat' jusqu'à.. 8h! Un exploit! vers 9h30, sacs sur le dos, nous sommes descendues jusqu'à la N7, pour prendre le bus, direction la gare routière. Le bus n'était même pas encore arrêté que déjà tout le monde nous sautait sur le poil pour savoir où on allait. On nous a proposé des taxis, des taxis-be, des taxis-brousse, et même du co-voiturage sauvage. A toute cette foule de rabatteurs qui s'amassait autour de nous se sont rajoutés les vendeurs de produits en tous genres. Les prix fusaient dans tous les sens. Au bout d'une bonne vingtaine de minutes de palabres stériles, nous avons finalement décidé de faire le tour des mini-bus, toujours entourées de notre essaim bourdonnant. Précisons que la "gare routière" est en fait un vaste terrain vague où sont parqués les bus dans le bazar le plus total. Les directions ne sont indiquées absolument nulle part. Donc nous nous sommes baladées d'un mini-bus à l'autre, en essayant difficilement de couvrir la cacophonie qui nous entourait pour négocier nos places avec les chauffeurs.Tout le monde y allait de son grain de sel, marchandant le trajet à des prix allant jusqu'à dix fois le tarif normal. Au bout d'une demi-heure de lutte, nous avons fini par nous rendre compte qu'en fait la plupart des personnes avec qui nous discutions n'avaient rien à voir avec les bus, et nous proposaient des prix pour le plaisir de marchander, pour arnaquer ces quatres vasas qui avaient l'air un peu paumées, ou pour obtenir une commission de la part d'un des chauffeurs pour avoir rabattu des clients. Tout à fait par hasard, nous sommes finalement tombées sur le responsable des départs pour Antsirabe (badge faisant foi), qui nous a appris que tous les bus pour cette ville étaient déjà partis, et qu'on attendait leur retour, d'ici une heure. Donc en gros, tous les chauffeurs avec qui on avait discuté jusque là s'étaient bien moqués de nous!
Nous avons donc rejoint la queue pour Antsirabe, qui se trouvait à l'autre bout du parking (pour dire à quel point on était à côté de la plaque!) . Là, nous avons fait le connaissance avec un charmant couple, qui faisait le voyage avec leur petit garçon. Ils nous ont servi d'interprètes, et nous ont trouvés à tous les 7 un bus en moins de 15 minutes. Evidemment, 4 ou 5 rabatteurs ont revendiqué la "trouvaille", et se sont battus pour le pourboire.
A 11h, enfin, nous étions enfin dans le bus. Mis à part le fait qu'il n'avait pas de démarreur, et que par conséquent, il a fallu qu'ils se mettent à une dizaine pour le pousser du parking jusquà la route (nouveau pugilat pour le partage du pourboire), le bus était très bien, et le voyage s'est passé à merveille.
En arrivant, pour changer, une horde de taxis, conducteurs de poussepousse, guides, s'est jetée sur le bus. Encore pire que d'habitude. Non contents de s'accrocher aux fenêtres, cette fois-ci, ils sont même rentrés dans le taxi-brousse! Il nous a fallu 10 bonnes minutes en jouant des coudes pour réussir à sortir de la mêlée. "si tu veux un guide mademoiselle, il faut venir au Géranium" "l'écoutez pas mademoiselle, il faut venir louer des vélos chez Tempbike". "Madame si tu veux un pousse pousse oublie pas: Terence Hill, numéro 2!" "moi c'est Gaston Madame, je t'ai demandé en premier, c'est dans mon pousse pousse que tu monte!""non, moi c'est Blaise Mademoiselle, il faut prendre mon taxi". Nous avons fini par partir à pied jusqu'à l'hôtel, poursuivies par un pousse-pousse qui a fini par nous dire de rentrer en France, qu'ils n'avaient pas besoin de nous ici, pour conclure avec un" PAS bonne journée!" rageur, qui a fait exploser de rire notre escorte de guides et rabatteurs en tous genres.
En revanche, ca n'a pas été la même histoire pour le retour: cette fois -ci, nous avons trouvé un mini-bus tout de suite, et nous avons eu les meilleures places (derrière le chauffeur), pour un tarif affiché à l'entrée. Pas d'entourloupe. Mais c'était trop beau: au bout de 3h de route, à 50 km du but, un gros "blang blang" s'est fait entendre. Arrêt en catastrophe sur le bas côté. Non, le pneu n'est pas crevé. C'est autre chose, mais on ne sait pas quoi.
"Il est 13h30: la nuit ne va pas tomber tout de suite, il fait environs 20 degrés, il ne pleut pas, on s'est arrêtés devant un point de vue de rêve, et en plus, on n'est pas tombées dans le ravin." En gros, on a pris le parti de ne pas jouer nos francaises en râlant, et donc, on a po-si-ti-vé! On est sorties du bus, et on s'est assises dans l'herbe pour contempler le paysage, sans trop vraiment savoir ce qui se passait. Au bout d'une heure et demie de contemplation (et croyez moi, c'est bien le mot qui convient), nous avons réussi à trouver une bonne âme qui parlait quelques mots de francais, qui nous a expliqué qu'on avait perdu un écrou. Sur ce, le chauffeur est parti en stop pour le village d'à côté. 1h après, il est revenu bredouille. Puis un des passagers, parti se promener, a fini par revenir avec, apparemment, la pièce manquante, qu'il avait dégotée on ne sait où. On a surélèvé le bus avec un cric (apparu lui aussi miraculeusement). D'un coup tout le monde s'est écarté du taxi-brousse: une vieille dame nous a expliqué que c'est parce qu'il risquait de se renverser....(youpi)
Vers 16h, la roue était enfin remontée. Tout le monde regardait par terre. On s'est risquées à demander pourquoi. "il manque un des boulons qui tenait la roue", nous a-t-on répondu. Qu'à cela ne tienne, 5 boulons sur 6, c'est déjà pas mal: le chauffeur a fait remonter tout le monde, et le voyage s'est ensuite passé sans encombre jusqu'à l'arrivée.